La confiance exprimée dans le Président de la République au plus bas depuis son entrée en fonction.
La nouvelle vague du baromètre CSA/Le Parisien-Aujourd'hui en France révèle une baisse de la confiance exprimée par les Français à l'égard de Nicolas Sarkozy (36%, -4 points) et, dans une moindre mesure, de François Fillon (42%, -1 point). Il s'agit de la première fois que le Président de la République doit faire face à un tel écart, entre les « confiants » et « pas confiants », dans l'Opinion depuis son arrivée à l'Elysée. Avec 36% des Français le « soutenant » et 58% exprimant leur absence de confiance, un nouveau pallier semble avoir été franchi.
Après une rentrée de septembre agitée (propos contestés de Brice Hortefeux, EPAD, procès Villepin, affaire Mitterrand…), la confiance accordée au Président de la République avait baissé de 6 points. En automne et jusqu'au mois dernier, dans un climat moins sujet aux polémiques, nous avions constaté une stabilisation du jugement des Français dans leur ensemble.
La baisse de 4 points de la confiance exprimée à l'égard du Président survient quelques jours avant le premier tour des élections régionales. Elle s'inscrit dans un contexte de climat délétère en Ile-de-France (avec notamment « l'affaire Soumaré »)et d'interventions à fleurets mouchetés du Président (dont la réunion des têtes de liste UMP d'Ile-de-France à l'Elysée). Elle fait suite également à des interrogations sur la place occupée par le Président (présent à l'international mais ne donnant pas à entendre un propos sur le territoire national ; le débat suscité par sa non-présence à l'ouverture du salon de l'agriculture en constitue une illustration), ainsi que sur la politique « d'ouverture » (même si, cette dernière, considérée indépendamment des autres aspects, ne suscite pas l'ire des sympathisants de Droite) .
Dans ce contexte, la baisse de la confiance s'exprime nettement auprès de deux catégories de population « sensibles », à savoir les personnes âgées (39% seulement des Français de 65 ans et plus lui accordent leur confiance, moins 6 points en l'espace d'un mois, moins 15 points au cours du dernier trimestre) auprès desquelles le plus bas niveau de confiance depuis juin 2007 est atteint, ainsi que les catégories supérieures (36%, moins 10 points en un mois).
De son côté, la baisse touchant le Premier ministre est moins forte. Avec 42% d'expression de confiance, l'écart entre les deux représentants de l'exécutif s'accroît (passant de 1 à 6 points au cours des trois dernières mesures). Reste que moins d'une personne âgée de 65 ans et plus sur deux accorde sa confiance au Premier ministre.
On le sait, il n'existe pas de lien mécanique entre cotes de confiance et de popularité d'une part et vote de l'autre. Relevons cependant qu'il est plus aisé de mobiliser son électorat dans le cadre d'une dynamique positive. La sévérité du jugement des Français à l'égard de l'exécutif – et notamment du Président de la République – semble, pour le moment, priver l'UMP de ce levier de mobilisation. Les fortes baisses relevées auprès des personnes âgées et des catégories supérieures laissent à penser que le scénario des élections régionales de 2004 (abstention caractérisée de ces deux « populations ») pourrait se réitérer. La dernière semaine de campagne sera donc, pour le parti du Président, cruciale pour remobiliser cet électorat aujourd'hui critique.
Jean-Daniel LÉVY
Directeur du Département Politique-Opinion de CSA
Pôle Opinion, Image et Stratégies